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Le riz (Oryza sativa) est l’une des principales céréales consommées dans le monde et son importance en Afrique ne cesse de croître. Jadis cantonné à certaines régions, il est aujourd’hui devenu un aliment de base incontournable, particulièrement en Afrique de l’Ouest et en Afrique centrale. Les habitudes alimentaires urbaines, combinées à une forte croissance démographique, en font une culture stratégique pour le continent.
Cependant, malgré un potentiel agroécologique considérable, l’Afrique reste fortement dépendante des importations de riz, principalement en provenance d’Asie. Cette dépendance entraîne un déficit commercial et une vulnérabilité aux fluctuations des prix internationaux. Développer une production locale compétitive est donc un enjeu majeur pour renforcer la sécurité alimentaire et réduire la facture des importations.
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Présentation & techniques de culture
- Types de riziculture :
- Riziculture pluviale (pluie seule, zones de savanes et plateaux)
- Riziculture irriguée (vallées, périmètres aménagés, plus productive)
- Riziculture de bas-fonds (exploite l’humidité naturelle)
- Riziculture pluviale (pluie seule, zones de savanes et plateaux)
- Climat et sol : le riz demande une pluviométrie d’au moins 1 000 mm/an ou un accès à l’irrigation. Il s’adapte aux sols argileux et limoneux capables de retenir l’eau.
- Semis : direct ou par repiquage de plants élevés en pépinière.
- Cycle de culture : 3 à 6 mois selon la variété (précoce ou tardive).
- Entretien : gestion de l’eau (inondation contrôlée ou irrigation), désherbage, apport d’engrais azotés et phosphatés, lutte contre les ravageurs (pyrales, foreurs, oiseaux).
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Rendement par hectare
- Le rendement moyen du riz en Afrique subsaharienne est faible, se situant globalement entre 0,5 et 1,5 tonnes par hectare, bien qu’il existe des variations significatives selon les régions et les pays. Pour augmenter les rendements, des pratiques agricoles comme l’utilisation de variétés améliorées (NERICA), une gestion plus efficace des engrais et l’adoption de méthodes de riziculture plus sophistiquées sont encouragées. (FAO 2023).
- En riziculture irriguée et avec de bonnes pratiques, le rendement peut atteindre 5 à 6 t/ha.
- Dans certains pays (Égypte, Madagascar, Mali), les rendements dépassent 7 t/ha, proches de la moyenne asiatique.
Pourquoi la culture du riz est-elle stratégique en Afrique ?
- Consommation en forte hausse : la demande de riz augmente deux fois plus vite que la production locale.
- Dépendance aux importations : l’Afrique importe plus de 15 millions de tonnes de riz par an, représentant une facture de plusieurs milliards de dollars.
- Sécurité alimentaire : le riz est désormais la céréale préférée des ménages urbains, supplantant parfois le mil, le sorgho ou le maïs.
- Création d’emplois : la filière rizicole peut générer des millions d’emplois dans la production, la transformation et la distribution.
Opportunités pour les cultivateurs africains
- Développement de variétés améliorées (NERICA, riz hybride) plus résistantes à la sécheresse et aux maladies.
- Forte demande locale, garantissant un marché solvable.
- Soutien croissant des gouvernements et partenaires internationaux pour réduire les importations.
- Possibilités de transformation locale (riz étuvé, riz décortiqué) offrant une valeur ajoutée plus élevée.
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Débouchés (locaux et internationaux)
- Marché local : consommation directe après transformation. Le riz local est de plus en plus apprécié pour sa fraîcheur et son goût.
- Marché régional : échanges commerciaux intra-africains, notamment entre pays excédentaires (Mali, Guinée, Madagascar) et pays déficitaires (Niger, Sénégal, Côte d’Ivoire).
- Exportations mondiales : encore marginales, mais certains pays comme Madagascar ou l’Égypte exportent vers l’Europe et le Moyen-Orient.
Défis à relever
- Rendements encore faibles comparés aux pays asiatiques.
- Manque d’infrastructures d’irrigation et dépendance aux pluies.
- Insuffisance des unités de transformation modernes, entraînant des pertes post-récolte importantes.
- Difficultés d’accès aux semences de qualité et aux engrais.
- Concurrence des riz importés souvent subventionnés et vendus moins chers.
Conclusion
La culture du riz est un enjeu majeur pour l’Afrique, tant pour réduire la dépendance aux importations que pour garantir la sécurité alimentaire. Avec un potentiel de rendement élevé, notamment en riziculture irriguée, et une demande locale toujours croissante, cette filière peut devenir l’un des moteurs du développement agricole africain.
Pour y parvenir, il est crucial de :
- investir massivement dans l’irrigation et l’aménagement des bas-fonds,
- diffuser des variétés améliorées adaptées aux conditions locales,
- moderniser les infrastructures de transformation et de stockage,
- renforcer les filières locales pour concurrencer les importations.
Le riz africain, bien valorisé, peut ainsi contribuer à nourrir durablement les populations et réduire la vulnérabilité alimentaire du continent.
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